Les cadeaux…Corvée ou plaisir?

images

Qu’est ce que je vais bien pouvoir lui offrir? Mais c’est quoi ce truc qu’il vient de m’offrir?Faire et recevoir un cadeau peut être parfois un casse tête. Voici quelques conseils pour faire le tri conscient dans ce plaisir d’offrir et de recevoir, qui peut vite tourner au cauchemar. Cadeau!

Les racines de la galère.

L’époque de Noël pousse le gaz sous la marmite du savoir faire ses choix. Pour soi, quand il s’agit de fournir une liste à la famille, histoire de leur alléger également la tâche. Ou pour les autres quand il s’agit de faire vivre le but ultime du cadeau : créer la surprise et l’émotion qui va avec, toucher l’autre par son attention, activer la joie et faire plaisir.

C’est donc avec votre amour en bandoulière que vous partez à la recherche de ce qui va faire plaisir. Mais au bout de quelques pages de catalogues papier ou internet, quelques vitrines et rayons, vous êtes déjà enseveli(e)s par cette offre gigantesque qui clignote de partout des nouveautés indispensables, tous ces « enfin en France » et autres ustensiles absolument révolutionnaire qui simplifient (soi-disant) définitivement la vie. De quoi activer largement votre peur de manquer la bonne affaire et de déplier votre cape de sauveur en remplissant votre hotte d’un tout est possible aussi coûteux qu’inefficace. C’est bien connu -trop de choix tue le choix- et referme le piège (qui sature largement les racines du sapin) d’acheter ça, puis ça et encore ça, histoire de calmer cette peur de se tromper.

Car c’est essentiellement la peur de se tromper qui se met sur son 31 et s’invite dans tous vos shoppings. Elle saupoudre de sable la machine du choix et grippe les rouages du plaisir d’offrir! Cet instant jouissif où vous êtes heureux de donner quand l’autre est simultanément heureux de recevoir. Cette peur qui est pourtant pleine de bonnes intentions, du fait de vouloir écarter l’éventualité de décevoir et vous aider à fuir le jugement qui clame « mais naaaaan t’as rien compris j’avais dit celui avec l’écran tactile ». Acheter le maximum prend donc sa source dans cette course au sourire et au plaisir de l’autre pour éviter que ça se termine comme tous les ans par des soupes à la grimace au moment de la bûche mais surtout pour se rassurer d’être aimé et reconnu.

Faire partie du cadeau

Une galère épuisante qui laisse des traces et se termine par une enveloppe garnie de billets ou d’une carte cadeau totalement impersonnelle. Des cartes aujourd’hui décorée chaque année par le designer en vogue (histoire de faire quand même wow ) et qui se collectionnent au fil des années pour leur donner la valeur qu’elles n’ont pas : celle du temps passé à trouver l’idée. Car, oui, il y a l’objet, le massage, le weekend que vous offrez mais il y a avant tout, dans votre cadeau cette capacité à considérer les goûts de la personne que vous gâter…

Sauf que ça se saurait, si il suffisait de connaître les centres d’intérêts ou ce qui plait pour faire plaisir à l’autre ! Il y a donc ce petit plus qui fait la différence. Cette différence qui se trouve dans la façon dont vous exprimer, interpréter et magnifier ce que vous connaissez de l’autre. VOUS êtes un ingrédient du cadeau. Ce qui explique que la frustration d’un enfant qui a reçu le contenu complet de sa liste recto verso écrite au vieux bonhomme magique qui gâte tous les ans un peu plus, aura quand même un goût de trop peu. Il sera frustré de ne pas avoir finalement trouvé au milieu de cette montagne de papiers d’emballages déchirés avec frénésie, le point commun de tous ces jouets demandés (exigés?) sur cette feuille : la considération de ce qu’il est.

Côté adulte vous pouvez jouer la sécurité et offrir toujours le même thème de bouquin ou la même marque de vêtement parce que vous vous êtes souvenu que ça avait plu l’année dernière et les précédentes. Sauf que la répétition éteint la magie du plaisir. Elle rassure le donneur, dans la même proportion qu’elle déçoit le receveur. Regardez ce que ça vous fait quand vous recevez un cadeau avec un « ça au moins je sais que ça te plaît ». Un couperet qui casse l’ambiance et envoie un message de « ça m’a saoulé de chercher ou j’ai trop peur de me tromper, de te décevoir et finalement de ne plus être aimé » Ce qui au final pend au nez de votre père/mère noël. Car après avoir reçu pendant 5.10.20 années de suite le même cône de pralines au papier doré avec ce fameux « tiens c’est pas grand chose mais ça fait plaisir », le noyau de cette cerise sur le gâteau (périmé) comme excuse pour se défausser, finira par vous rester à travers la gorge et aura raison du lien fragilisé par ce manque de considération. Et comme l’adage dit -ne faites pas aux autres ce que vous n’aimez pas qu’on vous fasse!

Oser surprendre

Alors que dites vous cette fois ci de prendre un risque! Car décevoir pour décevoir autant tester autre chose et la jouer audacieux ! Voici l’astuce inspirée de mon exercice Les grands verbes créé pour réinterpréter l’aménagement de vos espaces de vie à votre façon. Ecrivez quelques verbes qui représentent les grands sujets de la personne à qui vous voulez faire plaisir: comme recevoir, voyager, prendre soin de soi. Ajoutez y des qualités que vous voyez chez elle ou lui : audacieuse, explorateur, élégant, rebelle, délicat, paisible… Un exercice simple et accessible à tous pour regarder au delà des formes que peuvent prendre ce cadeau et finalement définir le for Intérieur de cette personne. Cette liste représente ses centres d’intérêts mais surtout ce qu’elle dégage. Et allez y, osez écrire jusqu’à quelques mots qui décrivent ce que vous imaginez de cette personne. Ces mots qui expriment ces domaines qui selon vous, lui irez bien et lui ferez découvrir quelque chose de nouveau. Ouh la la ! Trop dangereux me direz vous. Du calme, là encore il s’agit d’oser et de doser. Il n’est évidemment pas question d’offrir une machine à pâtes pour quelqu’un qui déteste cuisiner. Encore moins quand c’est votre trip du moment et que vous êtes dithyrambique à l’ouverture du paquet «je m’en suis acheté un c’est génial! Regardes tu peux faire ça, plus ça et ça aussi ». L’écueil d’offrir aux autres ce qu’on adore ou ce qu’on voudrait recevoir !

Être audacieux dans ses cadeaux ne veut donc pas dire copier/coller ses kifs du moment sur l’autre ou encore moins le projeter aux antipodes de ses centres d’intérêts. Comme ma marraine qui m’offre à 9 ans un camion de pompier alors que je passe mon temps avec papier et crayons pour dessiner.

Faire preuve d’audace c’est oser ouvrir une piste inspirée de celles, que celui ou celle que vous voulez gâter, aiment explorer.

Comme cet ami qui m’offre pour mon dernier anniversaire un couteau et un sécateur. Une inspiration personnelle mais connectée à mes centres d’intérêts : recevoir, la nature, créer, la simplicité.

Le cœur du cadeau

Alors oui le bouquin, la chemise, l’appareil quelconque seront les messagers de votre envie de faire plaisir. Ils sont l’un des ingrédients de votre cadeau. Mais il y a aussi la pensée vers, la réflexion pour, la vision de l’autre, le temps de recherche ou de fabrication qui font partie de ce que vous offrez.

En être conscient va vous aider à trier les chemins pour faire plaisir, vous faire gagner du temps et gommer les déceptions de part et d’autres. Et plus le destinataire avance dans la vie plus ce deuxième ingrédient est essentiel voire prioritaire. Car comme me répondait ma grand mère lorsque je lui demandais ce qui lui ferait plaisir pour Noël ou son anniversaire elle me disait «Rien, j’ai déjà tout ». Alors je lui offrais ma présence pour discuter, un peu de chocolat avec un dessin. Des choses qui peuvent être jugées simplistes mais qui sont en réalité quelques choses simples et essentielles de la vie : la présence, l’écoute, l’attention.

Osez offrir l’essentiel demande donc de vous connecter à ceux que vous aimez, de vous  intéresser à leurs centres d’intérêts, ce que vous percevez d’eux, et en faire un mélange unique par votre regard et votre choix.

Cette année à Noël ne demandez pas ce que les gens veulent mais plutôt ce qu’ils ont besoin pour être ce qu’ils veulent. Et laissez vous guider par votre sixième sens pour trouver la forme adéquate du cadeau. Celle qui sera au service de ces besoins essentiels de simplicité, de sérénité, de paix mais aussi de dynamisme, de puissance et de liberté. Et pour ce qui est de recevoir un cadeau, rappelez vous que vous être libre de le refuser. Une étape singulière mais parfois essentielle pour affirmer vos choix et aider vos proches à aiguiser leurs connaissances de ce qui vous plait.  En revanche avant de refuser un cadeau et plus précisément sa forme, prenez soin d’accueillir ce qu’il contient indubitablement: de l’amour et de l’affection de celui ou celle qui vous l’offre.

Joyeux Noël à tous!

Thomas Siceaux

Créateur du tri conscient je vous propose d’offrir et de vous offrir de l’essentiel. Mon livre Ciao Bazar vous guide pour trier votre superflus et vivre l’essentiel dans vos placards, vos émotions et vos habitudes. En savoir plus…

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s